Posted by Elie Jeanne BELLAMY - mademoisaileb@yahoo.fr. Approved on Saturday January 14, @08:23AM Topic: Audiovisuel
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Une des questions essentielles après la naissance dans la douleur de toutes ces chaînes florissantes sur notre écran tv (sat/câble/tnt) étant non pas de satisfaire le téléspectateur avec des programmes de qualité, mais plutôt comment achalander le consommateur avec des produits de consommations audiovisuelles pour garantir un audimat satisfaisant qui lui même va achalander l'annonceur : les régies pub le savent bien. Un programme suffisament regardé c'est autant de cibles potentielles chez les annonceurs pour vendre leurs espaces pubs et ainsi gagner leurs budgets média et par conséquent autant de futurs consommateurs victimes d'un martelement acharné à coup de messages publicitaires. Le schéma est réducteur mais pas si formaté que cela : la machine est bien huilée. Pour la plupart de ces chaînes, jouir d'un positionnement clair est loin d'être évident au vu de l'ensemble de l'offre sur un même segment. Il est nécessaire qu'elles se démarquent en surfant la vague du concept que d'autres ont innovés auparavant. Manque d'idées, manque d'audace me direz-vous ou complaisance du système ? L'argent sans aucun doute.
On accuse souvent les chinois de copier les occidentaux, mais voilà les radios qui se mettent à copier les chaînes de télé. La différence majeur étant que les chinois choisissent mieux leurs modèles. Ces chaînes doivent trouver de l'argent pour faire tourner la machine en complément de la rétribution des opérateurs, qui se réduit en peau de chagrin chaque année. Comble du système, le téléspecteur est de plus en plus avertit et difficile. Pas étonnant que certaines chaînes n 'hésitent pas être provocatrices pour se faire leur place car elle n'ont pas grand chose à dire. Tout bénéf pour les publicitaires, la télé fabrique les futurs consommateurs de demain dénués de tous sens critiques à l'égard des médias.
Pour exemple, Europe 2 TV a fait plus que fort que TF1 ou M6 : "sexy or not sexy".
Le principe ? Un casting de jeunes femmes et jeunes hommes dans leur quasi plus simple appareil persuadés d'être sexy aux yeux des autres. Démonstration et parade à l'appui. C'est qu'il finit par être dur le consommateur à convaicre. Les deux finalistes élus filles et garçons plus sexy de l'année, Cindy 21 ans étudiante en chimie et Yaddad 20 ans étudiant en sciences économiques se verront proposer de co-animer sur Europe 2 TV la saison 2 de l'émission. Espérons pour eux que l'émission survivre au dela des 2 ans !
Nous pouvons nous demander, à quand une émission basée sur les performances sexuelles de nos grands-parents en direct et en prime ?
Outre le côté paillette où tout le monde il est beau, il n 'en demeure pas moins que les producteurs et diffuseurs arrivent à faire gober à ces jeunes gens tous les avantages à participer à ce type d'émission. Avantages qui gomment la capacité de réflexion à rejeter l'idée de se faire flageler en publique . En creusant un peu plus loin, ce qui pourrait passer pour un programme "provocateur, drôle, sympa voir innovant" (ce qu'on essaye implicitement de nous faire croire pauvres néophytes que nous sommes ) ou règne la flatterie des plus bas instincts humains, n'est que le reflet d'une société qui va mal. Une société qui n'a plus d'espoir, qui n'a plus de volonté, qui n'a plus d'envie, et de perspectives. Le constat est amer mais la situation politico-economique et médiatique y est sans doute pour quelque chose. La misère, le manque de confiance en l'avenir, poussent les plus faibles télespecteurs à céder au chant des sirènes de toutes ces émissions tv raccolleuses, persuadés que celles-ci seront leurs redonner ce que la société n'a pas pu leur offrir : la dignité d'être et celle d'être reconnue. Demain, ces mêmes émissions arriveront à nous faire croire qu'elles ont un but citoyen : elles redonneront le moral à la société quand celle-ci va mal. Le moral du consommateur est l'indicateur de référence. Passé à la loupe, les décideurs savent intelligement l'utiliser. Rien n'est laissé au hasard, pour la créativité on repassera. Ces concepts d'emissions marketing répondent bien à un besoin que les fins analystes ont su déceler et exploiter.
Tant qu'il y aura des chaînes capables de flairer ce concept, des téléspectateurs avides de ces émissions, une vision trouble de l'avenir, et tant qu'il y aura des participants à ces mêmes émissions, alors la misère sociale rapportera de l'argent...mais pas forcèment à ceux que l'on pourrait croire.
Choisir son programme et éteindre son poste de tv est aussi un geste citoyen !
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